Si le physique du Diot hésite entre le cochon sauvage du Parc Naturel Régional de la Corse et le Toucan du Zoo de Vincennes, c’est sans doute parce qu’il est originaire du premier (Vico) et habite depuis sa plus tendre enfance à côté du second

Ayant pris part aux évènements de mai  68, en naissant deux mois plus tôt (le 5 mars), Il tentera toujours de sauver sa scolarité mise à mal par l’écoute intensive de Brel, la lecture assidue d’Achille Talon et  les auteurs dramatiques qu’il servait au professeur du conservatoire de sa ville : Jean- Claude Balard.

Pierre découvrit son talent d’humoriste en essayant ses sketches dans les classes du collège (Saint Exupéry puis Hector Berlioz  à Vincennes)…. sketches qui finissaient généralement dans les couloirs vu que ses professeurs n’en n’appréciaient pas encore toute la finesse.

En 1981, il tenta de sauver sa quatrième en sortant avec Valérie, sa déléguée, pour inverser le verdict du conseil de classe, opération qui se solda par un échec mais donna une belle histoire d’amour et trois enfants : Samuel (1991), Alex (1995) et Roxane (2004)

Bac en poche, Pierre Diot s’exila un an aux Etats- Unis  (1986) pour y suivre des cours d’interprétation où il découvrit que les textes des américains étaient aussi irréguliers que leurs verbes mais que, dans le domaine de l’improvisation, un petit français devait souffrir la croix et la bannière pour qu’elle devienne étoilée.

A son retour de Washington, il décida de poursuivre des études d’Histoire qu’il ne rattrapa jamais, s’égarant rapidement dans les travées de l’amphithéâtre de la Sorbonne où il répétait des pièces de Tchékhov avec ses camarades de classe buissonnière : Benoît Nguyen Tat, Pierre–Louis Chantre et Hervélina Lemoine. (1988)

Bref, il fallut rapidement se rendre aux auditions et à l’évidence : le théâtre était à Diot ce que la moutarde est à la cuisine : on évite de tomber dessus mais il n’y a que ça qui relève le goût de la saucisse (voir recette des diots revenus au vin blanc).

Ayant donc compris que sa vie serait tragique si son art n’était pas dramatique, Pierre Diot l’exerça d’abord à la Classe supérieure de la Ville de Paris (en 1990, l’année de son mariage avec Valérie, la déléguée…)  avant d’entrer au Conservatoire National (promotion 1994).

Il passa donc de Françoise Seigner à Madeleine Marion comme on passe de l’aquarelle à la peinture à l’huile : en élargissant sa palette de jeu. Stuart Seide le fit travailler au couteau et, en troisième année, Philippe Adrien passa carrément à la bombe et transforma les murs du répertoire en odyssées multicolores.

Au cours des années qui suivirent, les tournées furent d’ailleurs comme de beaux voyages à bord de Scènes Nationales dont les voiles se gonflaient à mesure que Philippe Adrien y semait le vent récolté à la Tempête, le théâtre qu’il barre encore aujourd’hui à la Cartoucherie de Vincennes : La Noce chez les Petits Bourgeois de B.Brecht, Hamlet de W. Shakespeare, Victor ou les enfants au pouvoir de R. Vitracet, en 2012 Le Dindon de G. Feydeau et tout récemment L Ecole des femmes de Molière.

Entre  temps, Julie Brochen lui a fait cassé La Cagnotte de Labiche (qu’il rejouera avec elle au Théâtre National de Strasbourg en 2009)  et Louis Do de Lenquesaing l’ a mis en scène dans Anatole d’A.Schnitzler au théâtre de la Bastille en 1996 au côté de Denis Podalydès , frère de Bruno qui lui offre son premier rôle au cinéma dans Dieu seul me voit.

En 1998,  Diot passe à l’écriture en présentant ses sketches à la Balle au bond  où  Michel Deville le repère et lui offre  dans La Maladie de Sachs,  un rôle qui en amènera une vingtaine d’autres au cinéma et tout autant à la télé.

En 2002 il  est engagé pour faire Christiani, inspecteur du Commissaire Maigret incarné par Bruno Crémer à qui il regrette encore de ne plus pouvoir servir d’adjoint.

Parallèlement, son premier one man show, , Définitivement allumé , rafle des prix dans les festivals d’humour et tient l’affiche au Point Virgule (2005-2006) .

Son amitié avec Marc Jolivet conduit ce dernier à lui faire faire la première partie de son spectacle au Casino de Paris et à l’Olympia (2006-2007)

Près de huit cent représentations de son spectacle plus tard, Pierre Diot créé, avec Dominique Champetier, son metteur en scène, un nouveau one man show :

« DIOT NOUS VOIT EN 2054 », dans lequel celui ou celle qui lit ces lignes pourra le voir à Paris à la rentrée 2014.